Boulets au bureau Part 2

IL EST CON OU IL EST PERVERS? Liste et détails (qui me tuent)

 

Il était une fois, un petit service dans une petite entreprise managé par un petit chef petitement pervers. Bon, des sales cons, y’en a partout, leur propension à s’imposer en tant que managers étant pourtant une source d’étonnement perpétuelle. Je sais, j’en sors. Il se trouve qu’un de ces charmant personnages manageait autrefois l’entité dans laquelle je suis, avant d’être supplanté par mon chef, ce héros. Donc, l’équipe en place est fort traumatisée par cet individu qui a sévi impunément pendant quelques années tout de même. Ducon Lajoie ne l’a côtoyé quelques jours, ce qui ne l’a pas empêché de nous bassiner avec ça pendant plusieurs semaines, et à quel point il est affreux, et méchant avec ça, et il a dit ci et il a fait ça, etc etc etc. Il a pas bossé avec mais c’est pas grave.

  

Et puis un jour (au tout début) que le chambrais « gentiment » (mais si mais si), il me regarde, méchamment ce coup ci, et par deux fois, devant mon chef, me dit que je déstabilise autant que l’individu en question. Charmante entrée en matière, mais je me demande aujourd’hui dans quelle mesure il ne m’a tout simplement pas en horreur, et qu’il prend autant sur lui que moi.

Autre exemple :

 J’édite ce matin une présentation pour des clients qu’il souhaite lire, et pourquoi pas, je le lui donne. La dessus, il me dit :

 -Il y a des erreurs dans cette page

 -Ha bon, je modifie donc  

Et il ajoute : 

-Je vais la photocopier

Hein ?! Pour quoi faire ?!!Je la modifie, je sors une bonne version, je jette sa photocopie à la poubelle en lui disant que c’est pas la peine qu’il ait une version avec des fautes.

Non mais.

Pour quoi faire, ça me taraude un peu, je dois reconnaître. Il est con ou il est méchant ? J’arrive pas à trancher.

Mon mari qui est un homme charmant et raisonnable me donne une explication très simple et ma foi très plausible : il n’a pas osé me dire qu’il ne savait pas, et il a pris la page pour vérifier. C’est sûrement aussi bête que ça. Mon dieu que c’est compliqué.

 

Réponse quelques semaine plus tard : il est les deux. Ma question était idiote.

 

INTERLUDE OU COMENT JE SUIS DE VENUE L’HEROINE DU SERVICE COMPTABLE

 

Parfois, mon ami l’ingénieur n’est pas là, et si triste que soit cette situation, il faut bien que je m’occupe, sinon, les journées seraient trop tristes. Heureusement, cette société me semble être une source inépuisable de petites joies et de surprises administratives, et ce matin là, c’est le destin qui frappe à ma porte.

Le destin ce matin là prend le joli visage de notre standardiste (oh ! faut que je vous dise, il l’a invitée à déjeuner, elle a eu tellement peur qu’elle a failli aller se réfugier dans le bureau du DAF, en disant, « mais il est bizarre ce mec là, je reste pas toute seule avec lui ». J’adore aussi quand il s’attaque aux autres !), donc standardiste très très enceinte, avec donc beaucoup d’hormones turbulentes qui exacerbent un peu ses réactions, et en l’occurrence assez remontée :

  -Hé  y’a un gars de chronopost qui est passé pour les CD du japon mais il faut un chèque de 2053 euros, il va revenir demain (je passe sur les commentaires virulents dépeignant l’attitude du malotru qui s’est sauvé à toutes jambes sitôt qu’il a vu que ça allait être compliqué d’avoir son chèque mais elle m’a dit que demain, il ne pourrait se sauver que si elle appuyait sur le bouton de la porte, j’aimerais pas être coursier non plus certains matins).

 Analyse de la situation : le chef est en vacances, il faut que j’agisse seule, je me tourne vers l’assistante de N+2

 

-Ouh là, un chèque mais ça va pas être possible, je vous rappelle.

  ce qu’elle fait :

-redites moi votre histoire

  

J’ai envie de lui dire que j’ai de bien meilleures histoires à raconter, et que je ne sais pas avec qui elle est mais je peux légitimement supposer qu’il y a d’autres personnes, je lance donc un bonjour auquel ne me répond qu’un silence glacial, suivi de gloussements même pas étouffés quand j’explique qu’il me faut un chèque de 2053 € pour le lendemain. Une voix inconnue me demande :

-Mais pourquoi qu’on fait pas un virement à chronopost comme on fait d’habitude ?

Ha ben oui, c’est vrai ça, pourquoi je me suis pas posé la question ? Ah oui, parce que je suis pas assistante, j’oubliais.

Donc au téléphone avec Chronopost, mais non les frais de douane, c’est comme ça on peut pas les avancer.

Je file sur mes deux nouvelles jolies jambes (deux mois que je m’affame pour récupérer du lardon de 3kg qui m’en a fait pendre 20) dans le bureau du comptable , qui me regarde arriver l’air affolé.

-Ah c’est vous le chèque

Oui, j’ai aussi un nom, mais en effet, c’est un détail pour l’instant, et puis, ne pas en demander trop aux comptable d’une manière générale. Je réitère donc ma demande.

 

-Ah mais ça va pas être possible

Commence à me gonfler sévère, mais je reprends mon plus joli sourire et une respiration abdominale (© C) et je m’accroupis près du bureau. C’est un comptable, mais c’est aussi un homme, ne pas l’oublier, et j’ai un décolleté (même si j’ai plus rien dedans à cause du lardon précédemment cité qui je précise ne dort toujours pas la nuit, petit message personnel :  je la donne, bref)

  -Il faut pourtant trouver une solution

-Dans ce cas…

  Regard paniqué, les yeux agrandis par l’horreur, le rythme cardiaque à 700, il se rassure en scrutant ses deux collègues assises autour de lui :

  -…va falloir aller voir le DAF !!!!!!!


 

 Houuuu. Un loup garou serait entré dans la pièce avec un couteau de boucher entre les dents que le silence n’aurait pas été plus pesant. Chacun se tasse sur sa chaise. Et observe l’autre. Moi, accrochée comme un morbac à mon histoire de CD, faut pas me lancer de challenges personnels à grand coups de ça va pas être possible, j’ai une image à défendre quand même en tant que commerciale :

  -Ben qu’à cela ne tienne, je vais aller le voir moi le DAF, je suis une aventurière,

  -Heu, oui, j’ai vu, mais là…

 Oui, faut pas confondre héroïsme et inconscience (le charme des nouveaux embauchés) et finalement, une petite blonde timide se lève courageusement, honteuse de me laisse seule face à l’hydre bien connu :

 -Je vais venir avec elle

  Et va jusqu’au bureau du DAF (j’ose à peine écrire le mot), se planque derrière la porte sitôt ouverte en me laissant bravement passer devant. Ce DAF ne doit pas être plus impressionnant que l’acheteur de Carrefour quand même, donc je suis en situation de vente, et je me présente avec le dynamisme des nouveaux arrivants en expliquant que je vais avoir beaucoup plus de monde que prévu au nouvel an et que j’ai besoin d’un chèque pour mettre sur mon compte personnel en Suisse, 2053 euros devraient faire l’affaire. Il me répond :

 

 -Ah, faut que je le libelle en francs suisse alors, pas en euros, faudra aussi penser à ma petite commission.

Mission, accomplie, j’ai mon chèque. Le retour au service comptable est triomphal :

-Alors, comment ça s’est passé ?

-Ben, elle l’a fait rire

Silence incrédule…

Fin du premier round, le piège est venu finalement de là où je ne l’attendais pas.

 Parce qu’il me faut une signature.

Bon N+2 est d’accord, mais son assistante a décidé que tout cela est beaucoup trop facile pour moi (à la réflexion, elle a dû être un chef militaire dans un camp de torture japonais ) et me dit :

-Ah mais il est pas là demain.

Damned !

Qui va me signer ma facture ? Hé ben le chef du chef, que je finis par coincer à la sortie des toilettes (je ne saurai jamais s’il y a passé les deux heures pendant lesquelles je l’ai attendu), qui me dit :

-         Pas de problème, il me faut juste une demande d’investissement.

Là, ça devient kafkaien,on est vendredi, il est 18H30, ma bonne humeur se tarit quelque peu, et je le lui dit, gentiment mais quand même (il est d’ailleurs étonnant en y réfléchissant que la seule personne à laquelle j’arrive à dire ce que je pense soit ni plus ni moins que le DG, et après, je me demande pourquoi j’ai jamais de promotion).

Je retourne voir l’assistante qui me répond d’un air sombre:

-Alors là, c’est sûr, c’est mort, vous n’y arriverez jamais.

 

 C’est un peu nerveux, à force, mais je me marre intérieurement, et je lui explique qu’il ne faut pas me dire ce genre de choses, si on ne veut pas que je m’accroche.

  Je retourne voir le N+2 avec ma demande, et là il me dit, sourcil froncés et air assombri :

-Mais pourquoi vous êtes allée voir le grand schtroumpf, qui vous a dit de faire ça et puis je suis là demain ? Hein pourquoi ?

Moi, tout petite dans mes bottes de sept lieues (je l’aime bien ce schtroumpf la, m’a l’air gentil comme tout) , catastrophée, incapable de lui dire que c’est la méchante sorcière jalouse qui m’a envoyé la peau de banane au dernier moment, je m’excuse platement, et promets de ne jamais, jamais recommencer de toute ma vie.

Le lendemain, chronopost arrive, j’ai ma facture, je fonce dans le bureau du moyen schtroumpf, je frappe, je passe une tête :

 

-Bonjour, c’est la gaffeuse,

Grand sourire, les CD sont posés sur le bureau de mon chef à moi, c’est qu’il va être content, je suis une héroïne, la meilleure assistante de la boîte (ah merde, je suis pas assistante) et je contemple fièrement les quatre cartons.

Mais qui a la clé pour les mettre dans le bureau ? Mon ami l’ingénieur, qui revient le lendemain, et ne peut s’empêcher de mettre la touche finale.

Sacré toi, va…

 

 

 

POUBELLE ET SLIM FAST

 

Le 3 janvier :

10H15 : la poubelle

 

  Il se trouve que ce matin, j’ai renversé ma poubelle. Diantre, un tel événement ne pouvait pas passer inaperçu. Donc ni une ni deux, mon boy scout préféré vole à mon secours, et clame, tel Spiderman le justicier masqué : Ah les rats ! Ils viennent te souhaiter la bonne année, et renversent ta poubelle ! Je vais t’aider ! Et de se mettre à quatre pattes pour ramasser tous mes détritus, et remettre sur mon bureau de trucs que je veux jeter pour la deuxième fois et comme il doit juger que leur place n’est pas dans la poubelle, il les remet sur mon bureau.

 

11H17 : je sors un substitut de repas

  

Il bondit littéralement au dessus de son bureau alors qu’il était en train de taper je ne sais quoi, les yeux exorbités, se penche avec férocité au dessus de son PC et aboie :

 -Oh c’est quoi ?

  -Un substitut de repas

 

Ceci dit, j’ai l’air sûre de moi, mais sur le coup, j’ai eu un doute et je me suis demandé si je n’avais pas sorti par inadvertance la grenade dégoupillée que je garde en réserve au cas où je me ferais agresser dans le parking en rentrant chez moi, mais non je vérifie, c’est bien mon innocente canette de slim fast.

  -Tu ne manges pas avec nous ce midi ?

  -Heu si mais…

  -Tu prends de l’avance, ha ha ha…(grand rire de trois minutes)

 Oui, ha ha ha.

Bien sûr, s’ensuit l’inévitable question, mais que serait mon ingénieur préféré s’il n’était prévisible ?

-Et c’est bon ?

 Devine …

  Et comme mû par une intuition qui me dépasse, il va ranger pour la première fois et à l’instant où j’écris ces mots quelque chose dans l’armoire à côté de moi, j’en tremble encore…

 

  16H47 : la chaise


  Alors là, un exemple parmi tant d’autres, mais tellement représentatif…Le bureau de mon cher ami est occupé par notre responsable informatique. Diantre ! Nulle place où s’asseoir ! Ni une ni deux, il vire mes affaires de la chaise que JE suis allée chercher en salle de réunion, et pousse mes affaires de mon bureau (pour de vrai hein, tout est rapatrié à côté de mon coude, poussé sous mon nez) Mais pourquoi, pourquoi il ne se met pas au bord de son propre bureau au lie de m’envahir ? Hein pourquoi ?!!!!) et s’installe tranquillement à 5 cm de moi… tout ça au lieu de faire de la place sur son put蟖蟗螵蟩蟪n de bureau à lui !

AAAAAAAARGHHHHHHHHH

                  

Mais qui a mangé dans mon assiette ?

  

Il faut que je raconte celle à aussi, même à plusieurs mois de distance, le souvenir est encore extrêmement présent dans mon esprit. Nous sommes à Budapest, cocktail au parlement, quelques tables en nombre très insuffisant en hauteur genre tables de bar où les gens jouent des coudes pour mettre leur assiette. Pour aller me servir à manger au buffet, je réalise qu’il va falloir me séparer de mon verre de vin (oh non), et je cherche une personne de confiance pour me le garder. Bon, ne connaissant personne, mon regard s’arrête sur mon fidèle compagnon, et je lui demande e toute innocence s’il veut bien me garder on verre un instant.

La réponse fuse immédiatement :

Bon, si je comprends bien il va falloir que je veille sur toi toute la soirée.

Je le regarde interloquée, je reprends mon verre comme s’il s’agissait de microfiches secrètes convoités par le KGB et le FBI et que des tireurs d’élite étaient planqués derrière chaque tableau, et un charmant garçon me tend une mains secourable en me disant : je vais vous le garder votre verre…sourire radieux et regard mortel à l’affreux imbécile..

  

Plus tard dans la soirée, après avoir joyeusement arrosé la beauté du parlement avec un allemand aussi barré que moi et une représentante de l’INPI en goguette, je retrouve mon bus et mes sympathiques collègues, dans une discussion apparemment animée et très très loin de mes sujets de préoccupation immédiats qui me fait aussitôt regretter d’être revenue. Heureusement, je suis sauvé par un collègue qui assène à mon rabat joie de service:

  

- Dis donc toi, t’es pas drôle, je vais pas aller prendre un pot avec toi !

Et là, d’un coup, je me sens moins seule, moins incomprise,

Sauf qu’il a pas tenu parole, il l’a invité pour le pot.

Il est con ou il est pervers ? liste et détails

  

Il était une fois, un petit service dans une petite entreprise managé par un petit chef petitement pervers. Bon, des sales cons, y’en a partout, leur propension à s’imposer en tant que managers étant pourtant une source d’étonnement perpétuelle. Je sais, j’en sors. Il se trouve qu’un de ces charmant personnages manageait autrefois l’entité dans laquelle je suis, avant d’être supplanté par mon chef, ce héros. Donc, l’équipe en place est fort traumatisée par cet individu qui a sévi impunément pendant quelques années tout de même. Ducon Lajoie ne l’a côtoyé quelques jours, ce qui ne l’a pas empêché de nous bassiner avec ça pendant plusieurs semaines, et à quel point il est affreux, et méchant avec ça, et il a dit ci et il a fait ça, etc etc etc. Il a pas bossé avec mais c’est pas grave.

  

Et puis un jour (au tout début) que le chambrais « gentiment » (mais si mais si), il me regarde, méchamment ce coup ci, et par deux fois, devant mon chef, me dit que je déstabilise autant que l’individu en question. Charmante entrée en matière, mais je me demande aujourd’hui dans quelle mesure il ne m’a tout simplement pas en horreur, et qu’il prend autant sur lui que moi.

 Autre exemple :

  

J’édite ce matin une présentation pour des clients qu’il souhaite lire, et pourquoi pas, je le lui donne. La dessus, il me dit :

  -Il y a des erreurs dans cette page

  -Ha bon, je modifie donc

  Et il ajoute :

  -Je vais la photocopier

Hein ?! Pour quoi faire ?!!Je la modifie, je sors une bonne version, je jette sa photocopie à la poubelle en lui disant que c’est pas la peine qu’il ait une version avec des fautes.

Non mais.

Pour quoi faire, ça me taraude un peu, je dois reconnaître. Il est con ou il est méchant ? J’arrive pas à trancher.

  

Mon mari qui est un homme charmant et raisonnable me donne une explication très simple et ma foi très plausible : il n’a pas osé me dire qu’il ne savait pas, et il a pris la page pour vérifier. C’est sûrement aussi bête que ça. Mon dieu que c’est compliqué.

  

Réponse quelques semaine plus tard : il est les deux. Ma question était idiote.

Citation

Successivement deuxième classe? C'est bien ce que je pensais : "Inapte à l'obéissance et aucun goût pour le commandement".
(Daniel Pennac, Chagrin d'école)

Présentation

Si on résume...

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