Martine au travail

Samedi 7 novembre 2009
Hier, mon chef m'a sommé de régler "mes problèmes de fille".
J'adore.
J'ai donc décroché mon téléphone et appelé miss "rien ne va, et c'est tout de ta faute".
Et j'ai expliqué posémment ce que ça m'avait coûté de lui faire gagner la plus belle affaire de l'année, et aussi que je ne suis pas son bouc émissaire préféré, une fois pour toutes. Que nous ne vivons pas dans un monde parfait, et que je n'en suis pas responsable. La couche d'ozone, par exemple, c'est pas que moi non plus.
Du coup, elle veut de nouveau qu'on déjeune ensemble.
Les gens sont bizarres quand même.
Déjeuner pour m'en remettre une couche en tête à tête, alors qu'elle ne fait tout simplement pas son boulot? 
Il n'en est pas question.
Ma psy me dirait que décidément, j'ai pas des réactions adaptées à l'agression, je ne réagis pas quand on me hurle dessus et je ferme ma porte pile au moment où l'autre ouvre la sienne.
C'est pas faux. Et je sais ce que côtelette veut dire.
Par lechalote
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Samedi 31 octobre 2009
Hier soir, une fille avec qui je bosse mais qui n'est pas dans la même société que moi a littéralement pété les plombs.

Jusqu'à présent, elle se retenait un peu, mais là, j'avoue c'était grandiose.

Pendant une demi heure, au cours de laquelle elle n'a pratiquement jamais repris son souffle, elle m'a accusé de tous les dysfonctionnements de sa boîte et de la mienne, m'a reproché le manque de reconnaissance de son travail dans sa boîte et par le client, les rapports que son chef à elle entretient à sa place avec le client, la structure même du projet, et m'a fait comprendre que chez mon concurrent, qui est bien mieux, ça ne se passe pas comme ça, et qu'elle ne fera  tout simplement plus son travail sur cette affaire, c'est à moi de le faire.

A chaque fois qu'elle reprenait sa respiration, elle me disait d'un ton sec qu'il était tard (oui, vendredi soir, 19H30) et qu'elle avait autre chose à faire, et repartait de plus belle dans sa dyatribe.

J'en suis restée bouche bée. Je me suis battue pour gagner avec elle et pas un autre, et contre l'avis de mon managers, cette affaire à plusieurs millions et je deviens le bouc émissaire de tous ses problèmes.

Le fond du problème : le manque de reconnaissance qui ne doit pas dater d'hier.
Peut-être aussi une bonne dose de jalousie.
J'ai tenté d'être factuelle, de repositionner ce qui pouvait l'être : on ne refera pas les process de nos deux sociétés, non, le client ne l'ignore pas, juste qu'il connaît son chef depuis vingt ans, que si le contenu de son poste ne lui convient pas, elle doit en parler à son manager, pas à moi, etc.

Elle a finalement envoyé le soir même un mail demandant que je fasse son boulot. Réaction interrogative de mes managers: "peux tu préciser"?

Je suis sortie de là lessivée.

A neuf heures (toujours vendredi soir), chez des amis, coup de fil. C'est son chef.
Ils sont fous.
Et moi, je vais arrêter d'écouter, tout simplement.
J'avais prévu un déjeuner car je voyais qu'elle n'allait pas bien, mais vu les cironstances, elle trouvera quelqu'un d'autre.
Parce que je crois que l'écoute, c'est pas un truc illimité, et que j'aimerais qu'il m'en reste un peu pour les gens que j'aime.


Par lechalote
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Samedi 24 octobre 2009

Ayé, ce coup ci, on va pas y couper, c'est le cas de le dire. Alors :

A vos marques!

Prêts?

Pompez!

Par lechalote
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Samedi 19 septembre 2009
Au boulot, j'ai un chef qui a un chef, qui a un chef.
Bon, y'a un tas de chefs, mais disons que y'a le mien à moi, direct, qui m'a choisie, et que j'ai choisi.
Avec celui là, ça se passe vraiment bien. Pour tout un tas de mauvaises raisons, parce qu'il bosse mieux avec les filles, parce qu'on se marre bien, bref, on s'entend bien.
Ce qui me plaît, c'est qu'il ne se prend pas pour un chef.
Ce qui me pend au nez, c'est qu'il ne va pas rester là indéfiniment.

Et c'est là que je vais trouver mon problème à remâcher.
Parce que son chef, pour une raison que j'ignore, j'accumule les bourdes avec lui. Comme si, à chaque fois que je lui parle, je perdais mes neurones d'un coup. Paf. Une question? Il obtient un regard vide et un "je ne sais pas" pathétique.
Bref, je perds mes moyens totalement avec ce type.
Total, il est aussi super mal à l'aise avec moi.

Bien sûr, il y a les problèmes de territoire entre les deux, et le fait que j'aie déjà dû expliquer que je ne fais pas du reporting à deux personnes en même temps, c'est pas gérable.
A la réflexion, leur relation est loin d'être limpide.
Ah et aussi il s'est excusé deux fois auprès de moi alors qu'il a horreur de ça.
Enfin, il a le don de vraiment mal interpréter ce que je lui dis. A bien y repenser, quand je suis arrivée, il semblait aussi choqué quand je souriais (comme si je me foutais de lui) que quand j'étais sérieuse (comme si je le boudais). Du coup, je ne sais plus comment lui parler, et mes neurones s'empatouillent. Et même quand je voudrais faire des efforts pour que ça se passe bien, ça merde.
A la réflexion, il faut probablement que je fasse simplement plus attention à lui et à ses humeurs.

On s'en fout (mais alors complètement) dans l'absolu. Sauf que le double effet kiss cool, c'est que si ne rétablis pas la situation, je suis sûre de ne jamais évoluer, et que si mon chef se barre, ja vais à moyen terme devoir me trouver un autre taff.

On en reparle dans un an. Ouais...max.

Sinon, en reprenant le cheval, j'ai découvert que dans le ventre, j'avais des muscles que Timari appelle Abdos, en haut des cuisses (des muscles à cet endroit, j'te jure) , il appelle ça aducteurs, (et tout un tas d'autres dans les épaules, le cou, les bras) et il dit que c'est normal que ça fasse mal.
D'accord, mais à ce point?
On rajeunit pas dis donc.



Par lechalote
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Jeudi 9 juillet 2009

Deux jours que je me mets la rate au court boullon pour trois minutes de présentation.

Non mais des fois, j'te jure, hein, des fois... des baffes, oui.
Par lechalote
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Jeudi 18 juin 2009
Je regarde le site d'un cabinet qui vient de me contacter, et je tombe sur...Ingénieur commercial en Corse
....
Aaaaaarghhhhhh
...
Ajaccio...
...
Bastia...
...
Bastia....

Ajaccio....
Par lechalote
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Lundi 8 juin 2009

Difficile de tenir bon quand les boîtes paniquent.
Les ragots, les sms sur "as tu dit quelque chose sur...", les sous entendus et les regards méfiants.
Se préserver, laisse couler, ne surtout pas donner prise, et punaise que c'est tentant, de rebondir, de s'énerver, de tempêter. Non, je n'ai rien dit, j'ai encore le droit de penser, tu interprètes, tu penses à la place des autres, ça fout la merde, je te dis pas, les sensibilités exacerbées, va-t-il me lâcher, allez, je vais cirer un peu les pompes des fois que, ne pas oublier que celui là, on l'aime bien, et binz, qu'est-ce qu'on s'en fout, laisse moi bosser, en, rajoute pas.

Mais non, je ne peux pas dire ça.
Alors, je fuis, ce qui n'est pas non plus une bonne tactique.

Comme nombre de mes collègues qui ont la chance de pouvoir le faire, je vais bosser chez moi, laissant la panique gagner les couloirs; ne sachant pas ce qui se dit quand je ne suis pas là.
Et si, et si... que va-t-il se passer pendant mon absence, qu'est-ce que j'aurais soit disant fait ou dit qui sera devenu calamiteux?

Je déteste ça, moi qui ne "sait pas dire les choses", je donnerais n'importe quoi pour m'en soustraire rien qu'en me rendant compte de la pollution générée. Moi qui ai toujours tenté de rétablir une forme d'harmonie (avec un succès très relatif, il est vrai), je donnerais n'importe quoi pour revenir à il y a un an, mais dans cet environnement, rien n'est facile. Les doutes, l'égo, la peur du chômage, veillent au grain pour que je ne sois pas sereine, et que j'envenime les choses, et ces conneries tournent dans ma tête en permanence.

J'ai la vague impression que la délation est la bienvenue, que dénigrer l'autre est un sport intéressant, et que rien d'autre ne compte en cette période troublée : "être intéressant".
Mais c'est peut-être complèement faux.

Commencer pas ne pas juger, ça sera un bon début.

Communiquer sur ce que je fais, pour une fois, ce serait salvateur. Pourquoi en suis je toujours aussi incapable?

Quand je bosse à la maison, je suis 10 fois + efficace pourtant. Je suis avec mon mari. Il bosse pas, mais on est heureux d'être l'un près de l'autre. Je vois les filles rentrer, je participe au goûter, j'ai même nettoyé le four, et c'est bête, mais ça m'a fait du bien, entre deux coups de fil.

Ca va se finir en jus de boudin, madame Duchemin, je vous le dis...

Par lechalote
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Lundi 25 mai 2009
Je crois que je viens de passer mon tour pour aller en Californie.
C'est ballot, je n'y avais jamais mis un pied.
Mais kesski ma pris?
Je crois que pas envie de faire 18 heures d'avion en trois jours pour ne rien voir et boire du café délavé.
Je crois que j'aime voyager, mais pas avec des clients en fait.
P'têt que c'était juste pour laisser la place à mon chef?
Alors, c'est de l'arrivisme pur?
Ou de l'altruisme?
Ou j'avais envie de bisouiller les puces comme une vraie maman avant qu'elles ne partent 15 jours avec mes parents à l'étranger?
Bref, un peu de tout ça, la Californie attendra...
Par lechalote
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Samedi 21 mars 2009
Bon, en fait, j'écris plus du tout. Parce que voilà, j'ai des cernes sous le menton, le moral dans les tongs, et un mauvais pressentiment.
On est en 2009, je suis dans une boîte qui licencie depuis plusieurs années déjà. Evidemment, les chiffres sont mauvais. Ajoute à ça un manager qui fait marcher son équipe sur la tête faut de savoir la faire avancer droit, et ça donne des réunions où les mecs manquent carrément de se frapper.
Surprenant comme il semble difficile de comprendre que ce n'est pas en traitant les gens de son équipe de bons à rien qu'on la fait avancer.
J'assume d'avoir beaucoup de boulot, j'aime ça, même, si on en rajoute pas une couche tout le temps.
Là, on passe de Mickey à Guignol à longueur de journée. Je te passe celui qui fait radio moquette et rajoute dix tones de bordel.
Alors, la petite nouvelle, qui s'entendait bien avec son chef, là, elle est carrément toute seule. Elle l'a bien cherché, on l'a bien prévenue.
Le midi, j'ai pas encore trouvé où m'oxygéner, alors je roule pendant une demi heure avant de revenir au bureau. Pathétique.
Le soir, je tombe sur des films sur le cancer. Ca m'aide pas. Parce que je me demande comment on peut passer autant d'énergie sur des trucs insignifiants alors que certaines personnes passent leurs journées entières dans la merde.
Mes repères ne sont pas les bons. Quand l'autre me demande d'un air indigné si moi aussi, je déteste les profs en pensant qu'ils ne font rien alors qu'ils ont des milliers de copies à corriger, que veux tu que je réponde? Que ma mère les soignait, les profs, et leurs enfants, ou leur mère, ou leur cousin, et que ça a plombé mon enfance, toutes cette mort autour de moi, tout le temps, en vacances, le week end, quand on croisait quelqu'un qui disait "ah, vous avez soigné mon père, vous vous souvenez ?
Oui, on ne se souvient que trop.
Que là, il fait beau, et que ma mère avait envie de penser à autre chose, pendant ces quinze jours de vacances, ou au moins, faire semblant de penser à autre chose. Que le cancer, on en parle jamais à la maison, qu'il ne fallait pas le nommer là, sous le soleil de juillet, laisse nous s'il te plaît, elle n'est pas la seule personne à qui tu peux en parler.
Trente malades par jour pendant quarante ans, c'était le quota, ça en fait, des gens à croiser...
Que tout le monde se fout des gens qui soignent ceux qui vont mourir, que personne ne veut savoir ce que ça fait, une vie avec la mort des autres autour de vous...
Je me fous des copies des profs, je me tape de vos poblèmes d'ego, je ne sais pas perdre une heure à éplucher le nouveau document de calcul de notre variable en 20 pages.
Alors, faut que je trouve un endroit, dans cette foutue zone industrielle de merde que je mets une heure et demie à rejoindre tous les matins, où je vais pouvoir poser mon cul de wonder girls le midi avec un bouquin pour passer au moins une heure loin de tous ces vrais problèmes existentiels de calcul de variable, et de l'autre il a dit que, tu te rends compte? Non, je me rends pas compte. Désolée, je m'en fous. Je sais. C'est mal.
Par lechalote
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Mardi 24 février 2009
Au bureau :

Ton douceureux qui vient d'en face :

- Je peux te demander un service?

- Bien sûr (sourcil circonspect tout de même, j'ai pas l'habitude qu'elle demande)

- Tu peux sortir du bureau dix minutes, j'ai un coup de fil à passer?

?!!!!!!!!!!!

C'est pas une paire de pompes que ça m'a coûté cette fois, mais deux pantalons en solde et deux costumes de princesse des 1001 nuits (en 3 et 6 ans)
Par lechalote
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Citation

Successivement deuxième classe? C'est bien ce que je pensais : "Inapte à l'obéissance et aucun goût pour le commandement".
(Daniel Pennac, Chagrin d'école)

Présentation

Si on résume...

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