C'est qui ces autres personnaltés alors...
C'est celle qui s'est fait virer et qui a peur de tout au boulot, donc quand le chef l'invite à déjeuner, elle répond "pourquoi tu veux qu'on se voie?", carrément sur la défensive, et face à un
type intelligent et décontenancé, forcément, s'entend répondre "heu mais va manger à la cantine si tu préfères !!!".
C'est celle qui a eu des super promos et qui fait sa wonder girl, très à l'aise dans les dîners en ville, mais si je n'ai rien à dire, je me retrouve ado complexée, la seule à aimer Madonna, et que
sa meilleure "amie" a sommé de n'en parler à personne. Elle a une réputation, elle.
Quand l'ambiance vire au jus de boudin, je redeviens celle qui a servi de bouc émissaire dans la cour d'école, celle là, c'est la pire, elle peut vraiment m'emmener en cycle, à la démission, à
la dépression.
Globalement, quand un ambiance se tend, je perds mes moyens, je redeviens éponge, à l'écoute de tous les mouvements, incapable de me recentrer et de m'extraire de l'environnement. C'est
généralement là que je reprends le sport, le chant et le piano, tout en même temps.
C'est celle qui peut emmener une équipe où elle veut, mais la petite fille du dessus l'oublie tout le temps, son mari passe lui, beaucoup de temps à lui rappeler,
C'est celle qui transie d'amour, s'est entendu dire "j'ai baisé mieux que ça", qui est incapable de croire un homme qui lui dit "je t'aime", voire, le descend directement au niveau du vague crétin
lobotomisé.
C'est celle qui a passé une nuit mémorable et joyeuse avec celui qu'elle aimait depuis un an en secret, et qui ne croit plus qu'aux instants.
C'est aussi celle quia vécu une très jolie histoire d'amour à 14 ans, à se retrouver en douce dans des parcs comme dans la chanson de Brassens, qui a appris à boire, et à fumer à ce moment là, avec
un gentil rêveur aux grands yeux bleus, avec des tâches de rousseur sur un tout petit nez .
C'est celle qui a perdu toutes ses copines le jour où elle a eu son bac, et s'est retrouvée absolument seule dans son studio en prépa.
C'est celle qui a des amis fidèles dont un depuis dix ans maintenant (même s'ils sont super loin, les nains), et l'ado mal dans sa peau a tendance à les oublier ceux là. Parce que certaines
connaissances récentes qui avaient vu grandir ma pitchoune ont préféré "entretenir d'autres connaissances", dans le texte.
C'est celle qui n'a pas eu de frère ni de soeur, et ne comprend rien aux conflits en général, sauf que c'est sûrement de sa faute.
C'est celle qui a perdu sa collègue dans un accident de voiture, et croit encore parfois lui avoir usurpé son poste. Et du coup, bosse comme un âne pour mériter son salaire.

C'est celle qui s'est entendu dire "qu'est-ce que vous êtes froide"
et "vous avez un mauvais contact", mais aussi "qu'est ce que vous êtes généreuse" et "mademoiselle, pour faire ce métier, il faut un minimum de charme", et "Tu sais pour avoir du boulot, il
faut être mince", et "si t'es pas jolie, sois gentille", et "qu'est ce que tu es belle aujourd'hui" (oui, c'est ça, pauvre type), et "tu vois, la concurente, elle met des jupes, elle".
Et "vous n'aurez jamais votre bac, je ne peux même pas vous faire redoubler la première", "Si vous avez intégré cette école de commerce, c'est bien grâce à mes cours", "vous êtes aussi laxiste que
votre écriture" (mon dieu, on m'emmerde encore avec mon écriture aujourd'hui), "vous ne faites confiance à personne ", "Ton problème, c'est que tu fais trop confiance aux gens",
"Vous n'évoluerez jamais avec cette attitude", "Vous avez un parcours génial!" et, plus récemment, devinez qui :"oui, mais toi, tu passes ton temps à changer de boulot".
Et surtout "Mais madame, je vous assure, regardez, votre fille va très bien, son poids est normal, 3,2 kg, elle est superbe, elle a juste fait une fausse route, vous n'y êtes pour rien,
ce n'est pas à cause de la cigarette".
Merci l'infirmière. Même si t'es pas douée en couture.
Et cette gamine là, qui va bien donc, que je n'ai pas âbimée encore, elle a une qualité géniale : les autres, elle les laisse en dehors de son univers, particulièrement quand ils ont décidé
de lui faire subir leurs états d'âme. Puce, du haut de tes trois ans, je te jure, je prends des cours.
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